Etre indépendants pour être plus unis

Kama Valcourt (Québec) Canada, septembre 1995

L’accession à l’indépendance constitue pour tout pays ou pour tout peuple une occasion historique. Elle s’inscrit dans un mouvement planétaire indépendantiste qui embrasse inexorablement les populations, de la Russie à la Chine, qui fait se réveiller tous ceux qui furent jadis écrasés par la force brutale et que leurs anciens colonisateurs prétendent aujourd’hui protéger pour faire oublier leurs crimes passés.

L’époque la plus dangereuse que nous avons vécue fut celle mettant face à face deux États artificiels et super puissants, les USA et l’URSS, nous plaçant à deux doigts d’un holocauste nucléaire.

Le plus grand danger pour l’Humanité est la constitution de grands blocs aux pouvoirs centralisés qui sont fatalement contraints à s’affronter un jour ou l’autre.

Le morcellement de la planète en une multitude de petits États à taille humaine et bâtis par des populations ayant une culture doublée d’une religion ou d’une langue ou des deux, constitue la meilleure garantie pour que l’avenir de l’Humanité soit harmonieux et pacifique.

Cette multitude de petits États culturels et spécifiques, rassemblés dans ce gouvernement mondial que deviendra tôt ou tard l’ONU, y travailleront ensemble pour gérer les ressources et l’écologie de la planète et pour veiller à ce qu’aucun d’entre eux ne menace ses voisins par l’utilisation de la force.

Les grands blocs ou les grandes fédérations comme les USA, l’URSS, la Chine ou le Canada sont dangereux pour la paix. Leur grandeur et leur potentiel militaire finissent toujours par leur monter à la tête. Les petits pays sont un gage de paix universelle parce qu’étant petits, ils n’ont pas les moyens d’entretenir une armée coûteuse.

L’ONU devrait d’ailleurs arriver un jour à obliger les États dépassant une certaine taille à se diviser en deux États indépendants afin de renforcer ce processus de pacification par la suppression des grands blocs et des superpuissances. Quels que soient les pays du monde, il existe de plus en plus une prise de conscience de leurs spécificités culturelles dans les populations. Et les drames sanglants, qui ne font que commencer dans cette Afrique dont les frontières ont été dessinées par un pouvoir colonial et centralisateur entre des groupes ethniques n’acceptant pas qu’un autre les domine au sein d’un État artificiel hérité du pouvoir blanc, ne sont qu’un début.

Il y a, dans certains États africains, plus de cent groupes ethniques ayant plus de cent langues différentes. Ils étaient autrefois totalement indépendants et vivaient en général en parfaite harmonie jusqu’à l’arrivée des colonisateurs dessinateurs de leurs frontières artificielles...

Seul un processus de décolonisation réelle, c’est-à-dire recréant des États totalement indépendants correspondant à chacune des ethnies regroupées jadis de force par les colons, peut empêcher que l’Afrique ne soit couverte de sang pendant des siècles. Dans ce village planétaire dont nous sommes tous des habitants, il faut que chaque quartier de ce village puisse s’autogérer et vivre sa spécificité culturelle.

Qu’il y ait mille États africains au lieu de 40, si cela leur permet de vivre en paix en retrouvant leur dignité et leur authenticité, sans être dominés par d’autres, cela ne dérangera personne, à part quelques dignitaires ou militaires de carrière ayant fait leur les modèles de leurs colonisateurs comme ce pauvre BOKASSA 1er...

Voir assis ensemble, lors d’une assemblée générale de l’ONU, pour décider des meilleures solutions pour protéger la couche d’ozone, des représentants des Zoulous, des Suisses francophones, des Tibétains, des Mohawks, des Maoris, des Aborigènes, des Américains, des Japonais, des Palestiniens et des Tchéchènes, tel est l’avenir de l’Humanité. Et tous les peuples auraient leur place dans une telle assemblée...

Téléchargement gratuit