Rôle de la diaspora Kamite

Diaspora Propos tenus à Genève le 6 octobre 2000

(…) Là on va pouvoir mettre l’Afrique que j’aime profondément au même niveau que la France. Les mauvais économistes veulent transférer les moyens de production industrielle en Afrique pour avoir une société bien avancée d’internet en Europe. Pas du tout ; il faut faire directement passer l’Afrique à l’internet, aux biotechnologies, à la nanotechnologie. Et elle se retrouve instantanément au même niveau que les autres. S’il y en a qui veulent continuer de produire du charbon, de la pollution en ayant un plein emploi en France, c’est bien. Pendant ce temps, pensons, pour l’Afrique, à la nanotechnologie, à la génétique et à toutes les sciences modernes non polluantes; c’est ce qu’il faut souhaiter. C’est pour ça que, pour moi, l’Afrique est très importante.

Car il n’y a pas de raison de la faire passer par les étapes ratées de l’Europe, elle peut passer directement au futur. Et ça va se faire, dans un juste retour des choses, grâce à une des erreurs historiques qui s’est appelée l’esclavage. Car, de plus en plus de scientifiques éminents aux Etats-Unis, sont des Noirs qui sont attachés à leurs origines et qui, de plus en plus, ont beaucoup d’argent (il y a des revues pour les milliardaires noirs aux Etats-Unis). Il y en a et ils vont visiter l’Afrique. Ils vont, les Noirs-Américains, vont développer l’Afrique directement en l’amenant directement à l’étape suivante. C’est quelque chose de fantastique, quelque chose de merveilleux. C’est un juste retour des choses en quelque sorte.

On a piqué la main d’oeuvre africaine pour en faire des esclaves en Amérique et ces descendants d’esclaves, maintenant hyper éduqués et très au fait des nouvelles technologies, vont les amener et les financer directement en Afrique pour en faire un pays du futur. Il y a un passé en Afrique, il y a une tradition mais qui n’est pas écrasante. Il n’y a pas un poids de la tradition et du passé comme disait Pierre Bolduc, un de nos guides Québécois qui était venu visiter la France, et en France il y a toujours des gens plein la bouche quoi… Et alors, « comment tu as trouvé la France » ? Pierre m’a regardé et m’a dit : « c’est un grand musée». Tellement elle est accrochée au passé ; et puis tout doit être dans le passé quoi, tout est dans le passé, il n’y a que le passé, rien que le passé. En Afrique, il n’y a pas tellement le passé. Il y en a un mais tellement distant que rien ne la gêne pour passer directement au futur. Ça, c’est une grande richesse. Il s’agit pour elle d’éliminer les petites traditions et cultures qui y ont été importées par la colonisation, comme les frontières, les séparations entre les ethnies, les frontières artificielles créées par les colonisateurs et les religions amenées.

Cela me surprend toujours que les descendants des esclaves américains puissent être chrétiens. Ils ont accepté la religion de leurs esclavagistes. Pour moi, un Noir-Américain, conscient et respectueux de ses ancêtres, ne peut qu’être musulman ou athée mais pas chrétien, puisque c’est la religion de ceux qui les ont emmenés là-bas comme esclaves. Cela fait partie des choses sur laquelle j’aime les faire réfléchir et déranger comme d’habitude.

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