Rôles des autorités traditionnelles

Ogo Propos tenus à Accra (Ghana) en décembre 2004

Les rois, les chefs coutumiers, les chefs des groupes ethniques, il faut qu’ils reprennent leur place comme le disait Uriel dont l’ancêtre est un empereur du Katanga et que je soutiens, en tout cas, dans sa lutte pour reconstituer l’État katangais.

Un président est élu pour 4, 5, 7 ans. Qu’est-ce qu’il cherche ? A s’enrichir au maximum en mettant son argent en Suisse pour ensuite être à l’abri du besoin jusqu’à la fin de ses jours. Et vous savez, qu’est-ce que c’est en Afrique, la corruption? Tous les gens en place s’enrichissent au maximum sur le dos de tout le monde jusqu’à ce qu’ils ne soient plus présidents.

Un roi, un chef coutumier, il est chef à vie et il veut le bien de son peuple parce que, s’il ne veut pas le bien de son peuple, un jour ou l’autre, il va se faire renverser.

Un chef coutumier pense aux enfants de son village, pense aux gens, aux enfants avec lesquels il vit. On vient le voir quand il y a un problème.

C’est magnifique ! Tout le monde parle des bons rois français d’autrefois, comme Henri IV qui rendait la justice, comme des bons rois qui pensaient à leur peuple : les Français mouraient de faim et il a dit qu’il faut que chaque Français puisse manger un poulet tous les dimanches.

C’est bien africain ça. C’est un roi ! Jamais un président n’aurait dit ça. Ce qui m’impressionne, c’est qu’ils ne pensent pas au bien de leur peuple, mais ils pensent à leur carrière politique. Qu’est-ce que je peux faire pour être réélu et pour gagner encore plus d’argent pour encore un mandat? Donc, ce retour aux petits groupes ethniques, qu’il y ait 500, 600 groupes ethniques en Afrique avec des chefs et les Etats-Unis d’Afrique,non plus avec les frontières actuelles, mais de tous ces groupes ethniques fédérés dans les Etats-Unis africains où tous les groupes ethniques, à égalité, seront représentés, c’est ça le futur.

(…) Comment faire cette révolution africaine qui va fédérer et créer les Etats-Unis d’Afrique et, en même temps, qu’on atteigne les pays qui existent, qui y sont actuellement ? Jamais les gouvernements au pouvoir actuellement, malheureusement dans des pays hérités de la colonisation, ne voudront ; jamais, ils ne voudront abandonner leur pouvoir qui leur permet de remplir leurs comptes en banque en Suisse pour un État fédérateur. Ça, ça viendra de qui ? De la base, du peuple. Le peuple, c’est quoi, c’est les groupes ethniques.

Et ces groupes ethniques, qu’est-ce qu’ils ont ? Des chefs, des chefs traditionnels, ça peut être des rois, des chefs du village. Vous le savez tous puisque vous en avez, vous les connaissez.

Seulement ceux-là peuvent adhérer à notre message. Seulement ceux-là, par l’augmentation de leur pouvoir, car lorsque vous allez leur parler des Etats-Unis d’Afrique où leur groupe ethnique sera représenté directement par eux ou par un ambassadeur du village qu’ils choisiront, ça change tout.Donc, cette révolution africaine ne se fera pas par les pouvoirs nationaux en place, de ces nations artificielles créées par les colonisateurs. Mais elle se fera par la base, par le peuple, par les villages, par les groupes ethniques.

Les Etats-Unis d’Afrique avec un parlement africain où chaque groupe ethnique sera représenté à égalité ; des Tutsis, des Hutus, des gens de toutes vos régions que vous connaissez. Et là, chacun retrouve sa dignité, sa fierté d’être à égalité.

Donc n’essayez pas de vendre l’idée des Etats-Unis d’Afrique aux gouvernants des pays actuels. Ils sont vendus d’avance. Ils sont pourris d’avance pour la grande majorité, à part quelques-uns, peut-être, qui auraient une idée un peu altruiste en pensant à leur peuple, avant de penser à leurs comptes en banque. Mais la majorité, il n’y a pas grand-chose de bon à espérer d’eux.

C’est normal, ils sont assis sur ce qui doit disparaître. On n’est pas maso : quand on est assis sur une branche on n’a pas envie de la couper soi-même. Or, leur demander d’être fédéré dans les Etats-Unis d’Afrique, c’est leur dire voilà la scie, qu’ils coupent la branche sur laquelle ils sont assis. Ils n’ont pas envie. Par contre, vos chefs traditionnels, les chefs du village, eux, vont monter dans l’arbre.

Et si tous les chefs traditionnels africains se réunissent par région, par pays pour dire : « les pays artificiels qu’on a hérité des colonisateurs, on n’en veut plus et on va se réunir ».

A ce moment-là, vous avez des chefs traditionnels, qui sont d’un côté de la frontière au Burkina Faso, d’un côté de la frontière en Côte d’Ivoire et d’un côté de la frontière au Ghana, qui sont du même groupe ethnique, qui vont se dire : « c’est quoi cette frontière qu’il y a entre nous. Pourquoi, moi je dépends du Président de Côte d’Ivoire et toi du Président du Burkina Faso. Unissons-nous, créons notre État indépendant ». Et c’est comme ça que ça commence. La force de l’Afrique, elle vient de la base. La base, c’est le peuple. Le peuple a des chefs traditionnels qui viennent de ses ancêtres, qui sont intelligents, qui aiment le village et qui aiment le peuple. Et eux ne remplissent pas leurs comptes en banques en Suisse. Ils sont avec vous tous les jours de votre vie.

Ceux qui sont en haut, qui ont trouvé des places artificielles, ceux-là, ils ne connaissent même pas des fois leur village (ils ne vont pas de peur de se salir dans les villages), ils ne vivent pas la vraie vie africaine.

Il y a beaucoup de recherche à faire (c’est difficile parce que les colonisateurs ont tout fait pour que ça disparaisse) pour retrouver les groupes ethniques dans les Etats-Unis d’Afrique qui peuvent être quelque part n’importe où ; il faudra trouver un endroit.

L’OUA, c’était un beau rêve mais c’est un rêve en réalité de protection des intérêts des gouvernants. C’est pour ça que ça n’avance pas. Donc l’Organisation de l’Unité Africaine, c’est surtout dire : on va, nous, dirigeants, avec nos comptes en banque en Suisse, tout faire pour s’unir mais pas trop, pas trop vite et d’une façon qui protège, nous, nos intérêts d’abord. De quoi croyezvous qu’ils parlent dans leurs discours, ces gens-là ? De leurs intérêts à eux, pas des intérêts des peuples africains. Si l’OUA avait été puissante, plus personne ne mourrait de faim en Afrique, ce n’est pas le cas. Donc, ils sont impuissants et incapables. Les vies: les chefs de village, les chefs traditionnels savent ce que c’est que de perdre leurs enfants, de perdre les gens dans leurs villages, qui meurent de faim ou de maladies.

Ceux-là sont au contact avec le peuple. C’est cette union de chefs traditionnels qu’il faut retrouver au sein des Etats-Unis d’Afrique. Je vous garantis que si tous les chefs traditionnels des grands groupes ethniques africains se retrouvent dans les Etats-Unis d’Afrique, eux penseront aux peuples africains et pas à leurs comptes en banque en Suisse.

Ce qui fait de la peine aux ELOHIM et à moi, c’est de voir un continent comme le continent africain dont la richesse est inestimable (la richesse du continent africain est colossale) et de voir à quel point les gens sont victimes des divisions créées par l’Occident.

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